SOCIOPOLITIQUE ET ECONOMIQUE
Ces dernières années marquent un grand tournant de la situation géopolitique entre les grandes puissances et le reste du monde. Cela semble perturber les marchés internationaux, secouer les grandes entreprises, changer les relations entre les États. Au mois de mai 2023, peut être un hasard de calendrier, se tenaient trois sommets internationaux : le Sommet Chine-Asie centrale à Xi’an, le G7 à Hiroshima et la 32e session du conseil de la ligue des États arabes à Djeddah. Il ne manquait qu’un sommet, celui de l’Union Africaine qui a eu lieu trois mois plu tard à Addis-Abeba. Cette concomitance illustre, dans une certaine mesure, le nouveau découpage de la planète en plusieurs blocs plus ou moins rivaux, et en tout cas opposés sur le plan économique, culturel, démographique, idéologique, etc.
Le concept de la communauté internationale petit à petit se voit enterrer. Au regard, tout semble négatif, mais certainement tout ne l’est pas car de nouvelles coopérations entre certains pays voient le jour, ouvrant ainsi la porte à de nouvelles opportunités.
Pour le petit rappel historique, en novembre 1975, le président Valéry Giscard d’Estaing prit l’initiative de réunir à Rambouillet les chefs d’État et de gouvernement des principales puissances économiques de la planète, afin de déterminer un cadre de dialogue politiques aux problèmes mondiaux. Le rituel s’est reproduit depuis lors, année après année, avec les États-Unis, le Japon, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la France, l’Italie et le Canada.
Ces réunions informelles du G7 “Groupe des Sept” firent figure de boussole pour un Occident de plus en plus désemparé par un monde en voie de lui échapper.
Quand elles débutèrent, les occidentaux baignaient encore dans le sentiment que le monde tournait autour d’eux. Les Occidentaux, constituant l’essentiel du G7, pouvaient se flatter de produire encore plus de la moitié de la richesse mondiale. La géopolitique était dominée à l’époque par la “guerre froide” entre Moscou et Washington, un héritage de la Seconde Guerre mondiale.
Dans le même temps, l’Union soviétique accusait les premiers signes de sclérose sous l’interminable direction de Leonid Brejnev. La Chine paraissait vouée à une éternelle misère dans l’ambiance crépusculaire de la fin de règne de Mao. D’après les indicateurs de la Banque Mondiale, elle ne produisait guère plus de richesses que l’Afrique subsaharienne ou l’Inde dans les années 70. C’était, rappelons-le, il y a moins d’un demi-siècle !
Autant dire que l’histoire de l’évolution du monde nous apprend tant de choses. Les tensions actuelles entre les grandes puissances (États-Unis et la Chine, entre les États-Unis et la Russie, entre les États-Unis et l’Iran, etc.), a créé la montée en puissance du populisme et du nationalisme, sonnant la fin d’un monde unipolaire. Dans le même sillage, la relation de domination entre les pays d’Afrique et leurs anciennes puissances colonisatrices montre des signes d’épuisement. L’émergence d’un monde multipolaire ayant offert à l’’Afrique des opportunités de diversification de leurs partenaires. Si jusqu’hier le monde était unipolaire, désormais un nouvel ordre mondial est en marche.
En outre un certain nombre d’évènements ont soulevé des interrogations et poussé certains pays, notamment d’Afrique à revoir leurs relations avec les puissance traditionnelles. La guerre en Ukraine a démontré la particularité du soutien infatigable de l’occident envers l’Ukraine, alors que l’Ukraine est ni membre de l’OTAN ni membre de l’Union Européenne. Sans oublier les multiples interventions de l’OTAN en Lybie, en Irak et dans tant d’autres pays à travers le monde qui n’ont souvent pas résolu le problème, mais plutôt compliquer la situation, cela n’est-il pas un des points focaux du revirement des pays du sud pour une adhésion à un monde multipolaire ?
Combien de conflits qui ont tant duré et jamais n’ont eu un soutien de taille comme celui apporté à l’Ukraine. Un simple regard sur la situation de la République Démocratique du Congo où le conflit dure depuis presque 30 ans maintenant, la guerre au Soudan, la guerre entre l’Israël et la Palestine, etc. Cette indifférence des puissance occidentales, les traitements de deux poids deux mesures et tous les couacs ont précipité un rétropédalage des anciennes relations politiques et économiques au profil d’une diversité de coopération à l’échelle internationale.
Dans la dynamique géopolitique actuelle, l’Afrique n’est certainement pas à l’écart. En effet, nous y voyons la montée en puissance du nationalisme comme si nous étions en Europe au cours du XIXe siècle jusqu’au début du XXe siècle, qui est une période dans laquelle l’humanité a connu la disparition de grands empires. Les deux Empires centraux germaniques constitués de la coalition de l’Empire Allemand, de l’Autriche-Hongrie, de l’Empire ottoman et du royaume de Bulgarie.
Les coups d’État répétés dans certains pays en Afrique occidentale en affichant le même message “le changement du modèle de coopération politico-économique et la diversification du partenariat ” posent des interrogations au sein de la classe politique, qui parfois perd sa confiance auprès du peuple et au sein de la société civile plus avisés qu’avant. De quelle démocratie veulent les États Africains ? Est-ce qu’une démocratie téléguidée par les grandes puissances est soutenable aujourd’hui ? N’est-ce pas l’ère de la démocratie du peuple par le peuple qui est en train de sonner désormais ?
Ce langage géostratégique et géopolitique dans les relations internationales n’est pas entièrement nouveau en 2023. Il représente plutôt la poursuite et l’intensification de certaines tendances en matière de risques politiques entre les États sur la gestion des crises (telles que pandémiques, sécuritaires etc.) à l’échelle internationales qui ont façonnée le monde. Par exemple, la crise du COVID 19 qui avait affaiblie l’économie mondiale.
Est-ce que le temps de la mondialisation heureuse et inéluctable s’est donc achevé ? Ou du moins momentanément ? L’histoire n’est pas écrite. En attendant, à la libéralisation des échanges s’est substitué l’encloisonnement. En cause, une dynamique géopolitique qui a pris le pas sur les considérations économiques dans les décisions et les stratégies commerciales. À cette volatilité géopolitique accrue s’ajoutent des perspectives à moyen terme incertaines.
La montée du populisme et du nationalisme a également contribué à l’affaiblissement du multilatéralisme, poussant certains pays à reprendre le contrôle de leur économie pour lutter contre la concurrence toujours plus exacerbée. Un certain nombre de gouvernements ont remis en cause le rôle et l’influence des institutions qui en étaient les garantes telle que l’OMC (l’Organisation mondiale du commerce), avant de s’amplifier après le début du conflit en Ukraine.
Dans quel monde vivrons-nous dans les quatre ou cinq prochaines années ?







